UN MALAISE QUI DEVIENT UNE ORIENTATION

Aux adolescentes et aux adolescents, on n’aura dit de l’homosexualité, que ce qu’en dit l’homophobie courante, la normalité, la coutume… Cela, ils l’auront entendu !

Ce discours aura souvent été tissé d’allusions, de rires, d’insultes, de mépris, de répulsion et, pour eux, d’angoisse et de culpabilité : suis-je cela ? En aucun cas ils n’auront pu entrevoir que ce peut être une orientation affective, sensuelle et érotique, une relation.

Affective parce que vos sentiments y sont engagés.

Sensuelle parce que traversée d’émotions de toutes sortes.

Erotique parce que vous vous trouverez troublé-e et attiré-e sexuellement.

Orientation parce que ce ne sera pas une compulsion épisodique, mais le moteur d’une relation aux autres.

Il faudra donc qu’ils se le disent à eux-mêmes. Souvent d’abord par le ressenti d’un malaise en soi qui, petit à petit, est une orientation et/ou une identité qui se révèle, qu’il faudra identifier, nommer, accepter.

Puis se trouver devant ce vide stratégique face à l’hostilité : comment le dire ? Ce sera l’heure de ce qu’on nomme le coming out. Face à la multiplicité des discours hostiles ou face à un silence assourdissant, le coming out est le moment où le jeune va prendre la parole et dire enfin : « Je suis… »

Pour en arriver là, il y aura les mots pour le dire à trouver, ce fameux vocabulaire social. Et les mots entendus, appris, intégrés au plus profond de soi, quelquefois avec la blessure de la honte, ce sont les mots de l’homophobie. Ces mots vous parlent et vous structurent.

Les mots de l’insulte (même si elle prétend ne pas vouloir dire ça), qui balisent le langage quotidien.

Les mots de la norme qui veut qu’un homme soit un homme et soit fait pour les femmes et vice-versa.

Les mots de certaines autorités selon lesquelles les homosexualités seraient illégitimes, comme la nature, les mœurs, la morale… En qualifiant l'homosexualité d'inférieure à l'hétérosexualité, le député UMP du Nord Christian Vanneste n'a pas pas dépassé les limites de la liberté d'expression. C'est en tout cas ce qu'a considéré la Cour de cassation qui l'a blanchi dans la procédure intentée à son encontre pour injure envers les homosexuels.  Fin 2004, alors que ses pairs s'apprêtent à voter une loi interdisant les propos homophobes, il avait affirmé : « L'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité. » Bien que le texte ait été voté, il a ensuite persisté dans la presse, à deux reprises qualifiant de « sectaire » le comportement homosexuel et ajoutant : « Je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse. J'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité… »

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