TOUTES ET TOUS HOMOPHOBES

Qu’est-ce que l’homophobie ? Le terme est issu de l’anglais homophobia, néologisme, apparu en 1971, dans Homophobia: a tentative personality profile du psychologue Kenneth Smith. C’est le fait de détester, mépriser, craindre, inférioriser ce qui a trait à l’homosexualité : les comportements qui y font penser, les pratiques, les sentiments…

Ce ne sont pas seulement ou explicitement les personnes homosexuelles qui sont visées, mais tout ce qui peut donner prise à ces réactions dans les conduites de tout un chacun. L’insulte homophobe, qui s’adresse à tout le monde, en est la parfaite illustration.

L’homophobie se manifeste par des réactions de répulsion, de rejet et d’agressivité qui, très souvent, sont spontanées, incontrôlées et même irréfléchies. L’homophobie provoque évidemment bien des souffrances aux jeunes qui, homosexuels ou non, reçoivent ses marques comme de violentes remises en cause d’eux-mêmes. Elle occasionne aussi des crises dans les familles qui, elles aussi, se sentent mises en cause, atteintes par l’irruption en leur sein d’une adolescente ou d’un adolescent qui se découvre. Elle produit des conduites inadmissibles voire illégales : on connaît les brutalités, les tabassages, les harcèlements. On connaît sans doute moins les réactions parentales d’expulsion de l’enfant, de médicalisation forcée, de mépris navré.

Ces réactions peuvent surprendre ou choquer, on peut juger hâtivement ceux qui s’y livrent, pourtant il faut convenir qu’on est devant  une façon de voir ancestrale, culturelle, ancrée dans nos mœurs et nos coutumes.

En ce sens nous dirons que l’homophobie est normale.

Il faut l’approcher par-delà le bien ou le mal, et la comprendre comme résultant d’un ensemble de normes transmises, de valeurs profondément intégrées, de manifestations hostiles ancrées dans l’idée que nous nous faisons non seulement de la normalité, de la sexualité, mais aussi de nous-mêmes et de ce que nous attendons de nos proches. Un premier pas est de connaître ses propres références et ses propres limites en matière d’homophobie. Ainsi peut-on être très ouvert en général envers les lesbiennes et les gays, avoir d’excellents amis homosexuels et vivre avec douleur et révolte l’apparition d’un enfant homosexuel dans le cercle familial.

Si être homophobe est somme toute normal, le rester ne le serait pas !

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