L'HOMOPHOBIE S'EXPRIME HAUT ET FORT

Nous disions que l’homophobie est mal identifiée. L’insulte homophobe par exemple est banalisée. Alors que l’injure antisémite ou raciste fera, à juste titre, réagir, l’insulte homophobe est bien souvent ignorée. La plaisanterie de fin de banquet dérange par sa crudité, pas par son sujet. L’enjeu de notre réflexion sera de nous conduire à mieux voir, entendre et réagir. A cette fin, examinons les manifestations de l’homophobie.

L’insulte est le symptome d’homophobie le plus courant. Au reproche, la réplique naïve sera : « Mais c’est pas ça que ça veut dire ». Et pourtant. C’est bien ça que ça dit. D’une part : aux jeunes éventuellement concernés ou en questionnement, à qui l’insulte dit vertement qu’on peut se saisir d’un mot servant à les désigner pour insulter autrui. Ce qui en dit beaucoup à leur estime de soi ! D’autre part : à tout le monde, en confortant par l’utilisation de ces mots, la culture homophobe courante, et aux plus violents en leur laissant penser qu’un passage à l’acte agressif serait somme toute dans la logique de l’insulte.

Le mépris suinte non seulement des insultes, mais des allusions et des plaisanteries habituelles. Il s’adresse, à travers l’accusation, à toute personne qui n’apparaît pas exactement dans la norme : garçon sensible, fille entreprenante, et tend en général à réduire l’homosexualité à des pratiques sexuelles dévalorisantes.

La violence est multiforme. Aussi pénible verbalement que physiquement, le harcèlement est rarement identifié. Laisser entendre et laisser dire par exemple : « Si j’étais pédé, je me tuerais » est une incitation à la fois au suicide et à l’agression criminelle. Des déclarations comme : « Je préfèrerais que ma fille soit handicapée plutôt que lesbienne », sont monnaie courante.

Les agressions homophobes dramatiques relatées dans les faits divers ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les victimes d’homophobie portent rarement plainte. Les agressions peuvent prendre la forme du viol, sur les filles comme sur les garçons.

Il existe enfin la violence de propos religieux, et celle, dans bien des pays, de lois officiellement homophobes. Le point de vue des religions sur l’homosexualité est très largement négatif. Le fait est connu du lecteur occidental en ce qui concerne les trois monothéismes issus de la révélation abrahamique, il l’est moins pour le bouddhisme ou l'hindouisme.

Violence perçue, violence reçue, violence que l’on peut parfois aussi retourner contre soi. Une violence bien réelle que les autres n’entendent souvent pas, ni ne voient.

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